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musique baroque

thématique

Les Arts Florissants
L’Orfeo de Monteverdi

Les Arts Florissants et leur Jardin des Voix font revivre avec ferveur l’avènement de l’opéra. C’était en 1607, il y a plus de quatre siècles : Monteverdi, avec sa favola in musica, sa « fable en musique », inventait sans le savoir ce que nous appelons opéra. Tout y était déjà : une écriture vocale permettant de comprendre au mieux les paroles et leur sens mais ouverte aussi à la virtuosité expressive de la vocalise, une action et des dialogues appelant la mise en scène, et puis, en accompagnement, des choeurs et un groupe d’instruments qu’on peut déjà qualifier d’orchestre. C’est une vraie révolution artistique qui se jouait en ce début du XVIIe siècle dans l’un des salons du palais ducal de Mantoue. Paul Agnew reconstitue, non à la lettre mais par l’esprit et dans une mise en scène épurée, ce moment fondateur, placé sous les auspices d’Orphée, héros mythologique dont le chant, dit-on, charmait jusqu’aux bêtes féroces.



Bach to 3D

La première et plus célèbre des six suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach réinventée dans un dispositif sensible et novateur. Une expérience unique d’écoute à 360° pour témoigner d’une perception différente, celle d’une danseuse en mouvement.

Violoncelliste de formation classique, Soizic Lebrat a naturellement beaucoup fréquenté les suites pour violoncelle de Bach. Après s’en être inspirée pour plusieurs de ses compositions, elle a imaginé ce concert pas comme les autres, témoignage d’un attachement à des œuvres qui ont accompagné et nourri sa démarche artistique. Bach to 3D est une réinvention de la première de ces suites, une expérience unique puisqu’elle donne accès au spectateur à une autre écoute que la sienne. Au casque, on entendra trois violoncellistes l’interpréter à travers les oreilles d’une danseuse, grâce à un dispositif original de captation binaurale (des micros miniatures placés dans les oreilles de la danseuse). Par la mise en mouvement de son corps, la danseuse multiplie les points de son écoute de l’œuvre, à la manière des peintres cubistes, qui multipliaient les points de vue afin de rendre les trois dimensions de l’objet peint ou sculpté.



Amarillis

Tafelmusik propose l’écoute de la musique de Telemann et de Delalande jouée par neuf musiciens non plus dans le cadre d’un concert mais sous forme de tableaux vivants.

Héloïse Gaillard a imaginé cinq tableaux, composés pour une formation instrumentale à géométrie variable, qui invitent à un voyage où la fantaisie est de mise. Centrale et non plus simplement illustrative, la musique se fait alors le moteur principal de l’action et des mouvements des musiciens, elle est le fil rouge de la scénographie et de la narration. Le clavecin devenu mobile comme par magie grâce à la scénographie d’Eric Soyer, ces tableaux incarnent les songes de la claveciniste. L’articulation entre chaque tableau s’opère par une métamorphose scénique, animée par le pouvoir dramaturgique de la lumière, pensée par Jean-Pierre Michel.



Jonas Nordberg & Liam Byrne

Deux valeurs montantes de la musique baroque, le Suédois Jonas Nordberg (luth) et l’Irlandais Liam Byrne (viole de gambe), interprètent des œuvres du compositeur anglais John Dowland (1563-1626) et de Marin Marais (1656-1728) mais aussi des pièces contemporaines écrites pour eux par le compositeur new-yorkais Nico Muhly.

Diplômé de l’université Mozarteum de Salzbourg, le jeune musicien suédois Jonas Nordberg maîtrise une grande variété d’instruments à cordes pincées du 16e au 19e siècle et déploie son talent en solo, ensembles de musique de chambre ou orchestres, essentiellement dans un registre baroque. Avec Liam Byrne, le luthiste explore plus précisément le répertoire français (avec des œuvres de Marin Marais) et anglais (avec des compositions de John Dowland) mais s’engage aussi sur les terres neuves de la musique contemporaine. Né à Staten Island, Liam Byrne partage aujourd’hui son temps entre Berlin et Londres, où sa renommée grandit vite. À trente-sept ans, le violiste a un pied dans le répertoire des 16e et 17e siècles et un autre fermement ancré dans le présent, au fil des collaborations et des pièces écrites pour lui par des compositeurs aussi différents que Valgeir Sigurðsson, David Lang ou Nico Muhly. Ce dernier signe deux pièces de l’album Concrete (2019) et a composé pour le duo qu’il forme avec Jonas Nordberg. Un pont entre les époques, à emprunter avec ce programme réjouissant.



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Stradivaria

Jour de joie où les chrétiens célèbrent la naissance de Jésus, Noël a inondé le monde de ses chants naïfs d’inspiration populaire justement appelés « Noëls ».

Fidèle à la tradition qui réunit le peuple autour de la crèche, Marc-Antoine Charpentier a utilisé tous les Noëls à la mode dans sa « Messe de Minuit », célèbre depuis trois siècles.

Pour la 11e année des Noëls de Stradivaria, merveilleuse occasion de mixité entre amateurs et connaisseurs, beauté et simplicité sont au rendez-vous grâce au langage universel de la musique. Cette nouvelle production associe un choeur lycéen régional et quelques jeunes instrumentistes recrutés dans le cadre d’une Académie d’Orchestre aux musiciens de Stradivaria, en partenariat avec le Rectorat de l’Académie de Nantes.



Stradivaria & les Lunaisiens

À la question « comment peindre en musique nos sentiments et nos passions ? », Nicolas Bernier apporte sa réponse avec la cantate « Jupiter et Europe », fil rouge d’un conte musical qui rassemble des oeuvres parmi les grands moments de la musique baroque. Comment la force émotive de la musique peut-elle maîtriser les passions qui agitent l’âme ? Ce sujet interroge les penseurs, les artistes et bien entendu les musiciens : de grands personnages mythologiques en seront bien souvent les acteurs, transfigurés ou pas. Dans les « Passions de l’âme », Descartes décrit les émotions qui gouvernent la nouvelle manière d’être et de ressentir : réchauffement du corps pour la joie, ralentissement du pouls et refroidissement de la poitrine pour la haine… Voici ce que nous tentons de vous offrir, à quelques siècles de distance, avec cette fable où tout ne fonctionne pas toujours comme prévu et où la belle mécanique céleste s’enraye parfois dans un Panthéon bien plus d’actualité qu’on ne l’imagine !



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Doulce Mémoire

Pour célébrer, en 1919, le quatrième centenaire de la mort du plus illustre de ses artistes et hommes de science, le cinéma italien se devait de lui consacrer un long métrage. C’est à une pionnière, la comédienne Julia Cassini-Rizzotto, que fut confiée cette tâche. Son film réalisé avec Mario Corsi, dont une copie a été miraculeusement retrouvée en Finlande il y a quelques années, remporta un grand succès à sa sortie. La biographie de Leonardo est généreusement romancée, attribuant un rôle de premier plan à Mona Lisa, et le jeu des acteurs est encore loin du naturel recherché au cinéma. Mais la reconstitution historique est impressionnante, grâce notamment aux effets de profondeur du système de stéréoscopie inventé par Lamberto Pineschi. Pour accompagner cette belle évocation de Florence, Milan et Amboise à la Renaissance, Denis Raisin-Dadre et les musiciens de son ensemble Doulce Mémoire ont puisé dans le répertoire de la même époque : frottolle, balli, pavanes et madrigaux de Marchetto Cara, Philippe Verdelot, Guglielmo Ebreo. Et quelques pages aussi de Bartolomeo Tromboncino, compositeur d’un Orfeo perdu, sur des vers de Poliziano, dont on sait que Leonard de Vinci en conçut les décors.



Marie van Rhijn

La claveciniste française Marie van Rhijn met en lumière les suites de danses d’Élisabeth Jacquet de la Guerre (1665-1729), compositrice pionnière et novatrice, célébrée par ses contemporains et la cours de Louis XIV. Un corpus poétique par l’une des meilleures interprètes de sa génération.

Claveciniste et chef de chant pour l’ensemble Les Arts Florissants, Marie van Rhijn publiait en 2016 un premier album soliste audacieux, adaptation pour clavecin de la musique composée par Marin Marais pour l’opéra (Alcide) et pour la viole. Deux ans plus tard, son nouvel enregistrement (L’Inconstante) était consacré aux pièces de clavecin de la compositrice Élisabeth Jacquet de la Guerre, qui fut l’une des musiciennes les plus importantes sous le règne de Louis XIV, à qui ces suites sont dédiées. Composées tandis qu’Élisabeth Jacquet de la Guerre n’avait que vingt-deux ans, ces pièces permettent de découvrir un aspect poétique et léger du répertoire de la compositrice, par ailleurs très varié : musique religieuse ou profane, penchant tantôt vers la tradition française, tantôt vers des influences italiennes, sonates pour violons et clavecin, cantates et même une tragédie lyrique. Une occasion de découvrir une personnalité majeure et encore trop méconnue de la musique baroque.