Retour
haut de
page

théâtre

thématique

Les Malins Plaisirs

Depuis 2011, les Malins Plaisirs poursuivent un cycle consacré à Molière, dans l’intégralité du texte et distributions d’origine. La compagnie cherche à y approfondir sa connaissance et son interprétation du répertoire mal connu ou mal perçu de Molière. Après la restitution des farces en tant que «machines à rire» et matrices des futures grandes comédies, il était logique que la compagnie aborde Le Médecin malgré lui, amplification de la première partie du Médecin volant, mais aussi essence de la grande comédie populaire française !



Farm Fatale

Sur une scène où tout évoque la ferme, un petit groupe de cinq épouvantails aspire à un monde meilleur. Contemplatifs, rêveurs et militants, ces étonnants héros sont à l’écoute des pulsations de la nature, qu’ils enregistrent pour leur radio pirate. Une fable drôle, humaniste et engagée.

Traquer le merveilleux, pousser à l’extrême les expériences du quotidien, sonder les relations entre l’homme et la nature, ce sont là quelques-unes des marottes du metteur en scène Philippe Quesne, actualisées dans Farm Fatale. Entrée au répertoire du théâtre des Kammerspiele de Munich, la pièce réunit trois acteurs de la troupe allemande et deux interprètes fidèles de son travail. Aux frontières de l’humain et de l’épouvantail, ces personnages en marge de la société défient la catastrophe écologique qui touche le monde, en documentant la nature et le non-humain : pour la radio pirate qu’ils ont montée, ils collectent et archivent ces sons que nous pourrions bientôt ne plus entendre, à force de ne plus savoir ouvrir les yeux. Les oiseaux, les insectes, cette vie qui fait respirer les sols que nous maltraitons et foulons sans égard et qu’il faut à nouveau regarder comme les enfants les regardent.



Chewing gum Silence

Que faire de ces mélodies qui nous restent obstinément en tête comme un chewing-gum sous nos semelles ? Le musicien Antonin Tri Hoang et le metteur en scène Samuel Achache ont leur petite idée sur la question, dévoilée dans un étonnant spectacle tout public, comme un jeu de chaises musicales.

En bon jazzman, le saxophoniste et clarinettiste Antonin Tri Hoang sait étirer et déformer les mélodies, jusqu’à parfois les faire disparaître. Mais tout le monde n’a pas cette dextérité et il arrive à chacun d’être coincé avec un air en tête, sans pouvoir s’en défaire. Les Anglo-saxons ont même un mot pour ça : “earworm”, ver d’oreille. On croyait qu’il n’existait aucun vermifuge pour cette inoffensive espèce mais des chercheurs de l’université de Reading (Angleterre) ont découvert qu’il est possible de s’en débarrasser… en mâchant du chewing-gum. Cela a inspiré à Antonin Tri Hoang ce jeu de chaises musicales, imaginé avec le metteur en scène Samuel Achache et les musiciens Jeanne Susin et Thibault Perriard. Sur scène, les musiciens incarnent des archivistes qui se retrouvent dans l’endroit où sont stockées les mélodies du monde, dans des boîtes en carton d’où elles s’échappent quand on les ouvre. Cherchant à en organiser la circulation, ils rentrent dans un fabuleux jeu d’émotions et de poupées russes sonores.



Stallone

Portée par la performance exceptionnelle de la comédienne Clotilde Hesme, Stallone retrace un parcours de vie fulgurant en un dispositif simple et épuré. La vitesse d’une comédie et la construction d’un drame pour un moment vivifiant, électrique et incroyablement drôle.

Stallone raconte comment la découverte d’une œuvre peut bouleverser une vie. Un soir, Lise, vingt-cing ans, voit au cinéma Rocky 3, l’œil du tigre, joué, écrit et réalisé par Sylvester Stallone. L’histoire d’un boxeur qui, une fois devenu champion du monde, se laisse aller, perd son titre, et le regagne après s’être sérieusement repris en main. À la vision de ce film simple, sincère et efficace, Lise prend soudain conscience de la médiocrité de sa vie et tente de se ressaisir : elle décide de reprendre ses études de médecine, de quitter son ami et de rompre avec sa famille. Bref, elle change de vie. Avec naturel et drôlerie, Clotilde Hesme incarne cette figure féminine forte et libre au fil d’un spectacle qui sonne comme la restitution d’une expérience de lecture. Debout derrière un micro, elle nous donne à vivre et à voir la vie de Lise, avec l’énergie d’une chanteuse rock, la joie, la légèreté et la vitesse des mots d’Emmanuèle Bernheim.



Hira Gasy

La compagnie malgache Rasoalalao Kavia présente le hira gasy, ancienne tradition de théâtre musical originaire des plateaux centraux de l’île, forme d’expression populaire associant musique, chant, danse, art oratoire et mime.

Sur les hauts-plateaux qui dominent le centre de Madagascar se perpétue le hira gasy, littéralement “chant malgache”, une forme d’expression originale associant les instruments, le chant, la danse, le mime et un art oratoire très particulier, dénommé kabary. Le hira gasy est pratiqué par des familles d’artistes-paysans qui se produisent lors de rites, des fêtes et des foires, jusque dans les quartiers pauvres de la capitale Antananarivo. Chaque joute – car il s’agit aussi d’une forme de compétition – se compose d’un nombre bien précis de discours, de poèmes chantés, d’acrobaties guerrières, de polkas et de quadrilles, composant un spectacle influencé par l’Europe, dans la composition instrumentale de l’orchestre et les rythmes de danse notamment, mais réunissant des traditions bien antérieures à la colonisation. La compagnie Rasoalalao Kavia quitte pour la première fois son village d’Ampahimanga.



Ravissement

Avec Ravissement, pièce inspirée par l’enlèvement de la petite-fille d’un magnat de la presse en 1974, Vanessa Bonnet et la compagnie nantaise Last Lunch poursuivent un travail traversé par les questions de la violence, du désordre moral et de la révolution.

Sarah Foster, fille du PDG d’un influent groupe médiatique, est enlevée par une organisation révolutionnaire, composée uniquement de femmes et jusqu’alors inconnue : l’ALF. Cette Armée de Libération Féministe revendique l’abolition du capitalisme patriarcal. Malgré elle, Sarah endosse le rôle d’intermédiaire dans des négociations qui vont semer le désordre, avant de rejoindre la lutte et épouser la cause de l’ALF : tournant le dos à ses origines, elle devient l’opposante la plus embarrassante et la plus recherchée du pays. Ravissement, qui puise son inspiration dans l’enlèvement de Patricia Hearst, petite-fille de William Randolph Hearst, l’inventeur de la presse à sensation, multiplie les voix pour se déployer en une fable caustique sur les mécanismes de survivance du système capitaliste. Elle interroge le paradigme du renversement, qui dans son échec renouvelle ce qu’il pensait abattre.



Œdipe You Motherfucker !

Un père – Jean-François Morange – et sa fille – Colyne Morange – partagent leurs souvenirs en musique, déclinent une même chanson en onze versions très différentes, en écoutent d’autres en écho, nouant ainsi un dialogue complice qui interroge leur relation. Une ode à la transmission et à l’admiration.

Colyne et Jean-François Morange, accompagnés du musicien Sylvain Ferlay, racontent comment se tisse la transmission entre générations, à travers la musique, l’humour, les récits et l’imaginaire. La dramaturgie épouse le principe de la boucle, l’obsession qui conduit à écouter une chanson encore et encore quand elle nous fait du bien : c’est ici Intimes Convictions, qui raconte comment l’amour d’un père pour sa fille le porte, lui redonne vie, désir, courage. Œdipe You Motherfucker ! sera donc le concert d’un père, de sa fille et des fantômes qui les entourent, avec onze versions d’un seul morceau, comme la bande originale d’un film, où un thème décliné à l’infini donne couleurs et atmosphères à l’histoire. Dans une scénographie évolutive, défilent chansons, textes et lettres que le père a écrit pour sa fille et qu’elle adapte à sa sauce (rock, punk, électro) mais aussi, sur la platine vinyle, les chansons de duos père/fille mythiques.



Encyclopédie de la parole

La parole enregistrée au cœur d’un projet étonnant et d’une mise en scène qui la transforme et l’agence en musique. Une perception différemment aiguisée et des significations nouvelles émergent de cette singulière suite chorale.

L’Encyclopédie de la parole collecte toutes sortes d’enregistrements et les répertorie en fonction de leur cadence, choralité, timbre, adresse, emphase, saturation ou mélodie. À partir de cette collection (plus de mille documents), elle produit des pièces sonores, des performances, conférences, concerts et installations. Depuis 2013, le collectif a entrepris un cycle de Suites chorales basé sur la reproduction de ces enregistrements par des comédiens. La quatrième et dernière de ces suites donne à entendre directement le matériau qui constitue la collection et sert à écrire les spectacles : les enregistrements de parole. Plus d’acteurs sur scène, donc, mais les musiciens de l’ensemble Ictus qui portent et accompagnent les mots, en modifient notre perception. Une sorte de théâtre de fantômes mais avec des spectres bien vivants, qui parlent, chuchotent, crient, apostrophent, rient, dialoguent, comptent, racontent, expliquent, prêchent et consolent, ragent et encouragent, vivent et ne veulent pas mourir.



Frissons

Apprendre le partage, la fraternité et l’amitié, c’est le cheminement du petit Anis, au fil de cette histoire mise en scène en jeux dansés, avec un dispositif sonore original pour amener les jeunes spectateurs au plus près des pensées des personnages.

Entre ses parents, sa maison, sa chambre et ses jouets, Anis s’est construit un cocon douillet. Jusqu’à ce qu’une ombre effrayante se glisse dans ce tableau parfait. Non pas un monstre fantastique caché sous son lit mais l’arrivée prochaine d’un petit frère. Petit ? Pas tout à fait, puisqu’Anis découvre bientôt que son nouveau frère, adopté, a le même âge que lui. Devra-t-il alors tout partager en deux, sa chambre et ses jouets ? Avec la tête de la Barbie pour l’un et les jambes pour l’autre ? Et l’amour des parents, est-il partageable ? L’autrice Magali Mougel et le metteur en scène Johanny Bert créent un spectacle immersif mélangeant le théâtre et la danse. Avec un dispositif qui place le public au plus près des interprètes et de leurs jeux dansés et donne à entendre les pensées des personnages, Frissons plonge les plus jeunes spectateurs dans le monde d’Anis, de la toute première rencontre avec son frère jusqu’à la naissance de leur amitié.