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Portrait d’Haïti

Evénement exceptionnel avec une rencontre inédite entre la pianiste Célimène Daudet et l’écrivain Dany Laferrière, de l’Académie Française, pour un portrait d’Haïti en musique et en mots.

C’est une rencontre qui a le goût de l’évidence, entre deux artistes de générations différentes, réunis par un même amour pour un pays et sa culture, un même attachement à des racines que l’éloignement géographique n’a pas laissé s’assécher. S’il a dû fuir Haïti à l’âge de vingt-trois ans, Dany Laferrière en a fait le coeur d’une oeuvre ample et fascinante, cette fameuse Autobiographie américaine qui embrasse ses récits, romans et essais. Il est à Port-au-Prince en janvier 2010 quand le séisme frappe le pays et trouve les mots pour raconter la vie quotidienne d’une ville brisée, l’intimité de la catastrophe. L’onde de choc atteint aussi Célimène Daudet et la ramène à cette culture, au pays de sa mère. Elle y monte bientôt un festival de piano et se penche sur des compositeurs haïtiens trop rarement joués, comme Justin Elie, Ludovic Lamothe ou Edmond Saintonge, dont elle souligne la double influence : la musique romantique française et la culture vaudou. C’est ce répertoire qui sera à l’honneur lors d’un programme où la prose et la poésie de Dany Laferrière rencontreront l’écho des notes de piano.



Messe noire

Dans le sillage de son dernier album, Messe noire, la pianiste Célimène Daudet réunit les œuvres tardives de Liszt et Scriabine, qui ont en partage un goût du mystère et de l’errance. Un univers intrigant et quasi mystique, comme un pèlerinage aux confins des possibilités sonores du piano.

Des frontières et quelques années séparent le Hongrois Franz Liszt (1811-1886) et le Russe Alexandre Scriabine (1871-1915) mais leurs œuvres les plus tardives semblent entrer en résonance. Géant de l’époque romantique, Liszt laisse progressivement derrière lui ses triomphes pour se retirer de la vie publique. Devenu l’abbé Liszt, il s’enferme dans une recherche toujours plus poussée de la simplicité. Son mysticisme imprègne nombre de ses partitions. Ses pièces les plus sombres trouvent un écho dans la sonate Messe noire de Scriabine, qui dévoile la part mystique du compositeur russe, à la fois cérémonie des ténèbres et poème diabolique. Construit autour des thématiques de la nuit, de la mort et du mystère, le récital de Célimène Daudet réunit des œuvres emblématiques de Scriabine et Liszt, dans un mouvement cher à la pianiste : mettre en regard des compositeurs différents pour mieux les comprendre, comme elle l’a déjà fait avec Messiaen et Debussy.



Berceuses

Un concert en forme de sieste musicale, où la pianiste Nathalie Darche joue les berceuses composées par Geoffroy Tamisier, courtes pièces aux mélodies délicates et caressantes, qui combleront les oreilles novices comme les plus aguerries.

C’est un beau projet, mené au fil des ans par le trompettiste et compositeur Geoffroy Tamisier : en marge des nombreux groupes et enregistrements jazz et autres commandes pour orchestre où il s’épanouit depuis la fin des années 90, le Nantais a pris pour habitude de composer des berceuses pour les enfants qui lui sont chers. Ces quinze berceuses ont été enregistrées par la pianiste Nathalie Darche et éditées par le label Yolk Records au printemps 2020. Des morceaux courts aux couleurs riches et mélodies délicatement expressives, faussement simples, parfaitement saisies par le jeu de Nathalie Darche, nourri d’une pratique partagée entre musique classique et création (jazz, musique contemporaine). Par leur format, par leur douceur et leurs intentions, ces berceuses résonnent aux oreilles des enfants et font du concert un moment immédiatement familier. Comme une pause bienfaitrice, où l’on prend le temps d’arrêter le temps, de ressentir et d’écouter.