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Ligeti

thématique

Aquaserge & Jeanne Added

Établi en nonet pour ce spectacle mis en scène par Élise Simonet, le collectif français Aquaserge revisite à sa manière quelques pièces marquantes du répertoire contemporain et brouille les frontières entre rock et musique savante, en donnant sa propre définition de la notion d’interprétation. Avec la participation exceptionnelle de Jeanne Added.

Il y a la possibilité d’un concert de musique contemporaine lambda : un ensemble de pièces composées par des compositeurs et interprétées par des interprètes. Et puis il y a la possibilité d’un nouveau travail d’Aquaserge, quelque chose de différent, qui brouille non seulement les frontières entre les genres mais aussi entre la partition et sa restitution. Depuis sa formation il y a quinze ans, le collectif s’est improvisé une identité mouvante, entre groupe de rock et orchestre de jazz, au fil de huit albums rétifs aux étiquettes et de concerts en liberté. Ce spectacle est inspiré de l’histoire d’une pièce du compositeur américain Morton Feldman, dont l’unique manuscrit, glissé dans un étui de guitare, fut volé avec l’instrument. Jamais retrouvée, la partition fut reconstruite plus tard à partir de l’enregistrement d’un concert de l’époque. C’est cette tension entre écrit et oral qu’explore Aquaserge ici, en revisitant des œuvres de Ligeti, Feldman ou Varèse : emprunts, citations, interprétations ou réarrangements, pour jouer avec toute la gamme de ces possibles.



ensemble 0
musiques d’aujourd’hui #1

Configuré en octet, l’ensemble 0 décline l’épure musicale en un dialogue entre l’une des œuvres les plus célèbres du 20e siècle (le Musica Ricercata de Ligeti) et des pièces plus récentes, à la fois délicates et audacieuses.

Au cœur du premier des deux programmes de musiques d’aujourd’hui que propose l’ensemble 0 cette saison, Musica Ricercata est non seulement l’œuvre la plus célébrée du compositeur György Ligeti mais aussi une pierre de touche de la modernité musicale au 20e siècle. Si cet ensemble de onze pièces pour piano, composé entre 1951 et 1953, est aujourd’hui familier aux oreilles du grand public, les plus cinéphiles l’associant au Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, sa construction est très conceptuelle : la première pièce est écrite avec deux notes, la deuxième avec trois, la troisième avec quatre, etc. On y entend, bien avant l’heure, le minimalisme de Philip Glass, ce mélange paradoxal entre épure et densité que l’ensemble 0 souligne en adaptant l’œuvre pour un instrumentarium radicalement différent : cordes, vents, percussions et piano. Le résultat est parfaitement entêtant et dialogue avec des œuvres plus récentes, qui toutes jouent sur la sobriété : dans une version presque ludique avec l’Opera With Objects d’Alvin Lucier, plus tendue avec le Dirt Road de Linda Catlin Smith ou presque méditative avec Pauline Oliveros et son Horse Sings From Cloud.