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folk

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Khusugtun

Ambassadeurs fervents de la musique traditionnelle mongole, les six musiciens et chanteurs de Khusugtun mobilisent instruments anciens et chant de gorge diphonique khöömii pour interpréter des chansons aux accents à la fois lointains et étonnamment familiers. 

Depuis plus de dix ans, le groupe Khusugtun sillonne le monde pour donner à entendre les musiques et chants traditionnels de Mongolie à un public curieux des sons d’ailleurs. Ils sont six musiciens d’Oulan-Bator, ont entre trente et quarante-cinq ans, enseignent pour certains à l’université, et incarnent une génération pour qui la transmission d’un patrimoine culturel est une problématique moderne et vitale. Ethnic-Ballad Group, leur premier album paru en 2013, est une merveille, à la fois immédiatement accessible, avec ces mélodies proches du folk tel qu’on peut l’entendre en Europe et en Amérique, et viscéralement différent, avec ces sons caractéristiques des steppes mongoles : le morin khuur (la vièle à tête de cheval), le tovshuur (luth mongol), la cithare yatga et surtout le khöömii. Originaire des montagnes de l’Altaï et transmis de génération en génération, ce chant de gorge diphonique permet d’émettre plusieurs sons simultanément, un bourdon et une mélodie. Les solistes de Khusugtun le pratiquent en polyphonie. Un enchantement, à découvrir sur scène.



Blick Bassy

Enracinées dans la culture camerounaise, les chansons de Blick Bassy ont la séduction immédiate des plus grandes réussites du folk, à la fois simples et sophistiquées. Fort de l’accueil unanime réservé à 1958, son quatrième album, le songwriter leur donne une nouvelle ampleur sur scène, où sa voix enchante.

Dans le registre d’un folk délicat aux orchestrations enveloppantes, le quatrième album de Blick Bassy fut sans nul doute la réussite la plus éclatante de 2019. En onze chansons sublimes, l’auteur compositeur y convoque le souvenir de Ruben Um Nyobe, héros de la résistance anticoloniale camerounaise, dont le nom a été effacé des mémoires par les autorités du pays après son assassinat en 1958. Blick Bassy a choisi cette date comme titre d’un disque ardemment politique, où passé et présent conversent : le Camerounais a imaginé un personnage pour évoquer la jeunesse de son pays, ses peurs et ses joies. Musicalement, Blick Bassy est au sommet de son art sur ces chansons sophistiquées, où s’enroulent des motifs de guitare entêtants et des arrangements de violoncelle et cuivres, à mi-chemin entre la nudité du blues de Skip James et la douce chaleur du folk de Nick Drake. Sur disque, sa voix est envoûtante, sur scène elle est magnétique.



Femi Kuti

Dans le sillage de One People One World, dixième album électrisant et engagé, le roi de l’afrobeat moderne brûle toujours d’un feu sacré sur scène : cuivres et rythmiques syncopées portent des chansons qui sont à la fois des hymnes humanistes et des machines à danser.

Il y a déjà bien longtemps que Femi Kuti s’est fait un prénom, lui qui a tant appris aux côtés de son père, le grand Fela, inventeur de l’afrobeat dans les années 70. Un mélange explosif de funk, jazz, folk nigérian et highlife, la bande son d’une Afrique indépendante et fière, qui a bercé l’enfance de Femi Kuti à Lagos. Il n’a que 17 ans quand il intègre le groupe de son père en tant que saxophoniste. Et quand Fela est emprisonné en 1984, c’est lui qui le remplace à la tête d’Egypt 80 pour deux années qui scellent son destin de prétendant au trône. Aujourd’hui, le Nigérian a non seulement repris le flambeau mais il enrichit et transforme l’afrobeat en une musique à la fois personnelle et ouverte sur le monde. Personnelle par ses textes et par une utilisation renouvelée des cuivres et de l’orgue. Ouverte sur le monde parce qu’on peut y déceler des traces de reggae, de soul et de musiques caribéennes. Un cocktail généreux et revigorant.



Von Pourquery

Héros du jazz français et bien plus encore, le saxophoniste et chanteur Thomas de Pourquery lance − en marge de son fabuleux sextet Supersonic − le projet Von Pourquery, nouvelle incarnation résolument pop, où son écriture et son chant crèvent le plafond. Des bonnes vibrations qui irradieront généreusement l’escale rezéenne de son “All the Love Tour”.

Guidé par le plaisir de jouer, Thomas de Pourquery suit depuis vingt ans un chemin slalomant entre le jazz le plus libre, la pop et le cinéma. C’est avec son sextet Supersonic, formé en 2011, que se produit le grand bond vers un public plus large, avec notamment l’album Play Sun Ra, actualisation d’un jazz protéiforme, spirituel et généreux, célébré par une Victoire du jazz en 2014. Depuis, Thomas de Pourquery est sur tous les fronts, multipliant les collaborations, avec Jeanne Added, Metronomy ou Fred Pallem, et les albums. Parmi ceux-ci, l’embardée pop VKNG, en duo avec le guitariste Maxime Delpierre, révèle un talent insolent pour écrire et chanter des chansons irrésistibles, avec une plasticité vocale et musicale qui évoque David Bowie. Sur le premier EP de Von Pourquery, l’écriture du saxophoniste et chanteur gagne encore en ampleur, entre acoustique et électronique, au croisement de la pop, du folk et de la soul. Une musique sophistiquée, sensuelle et solaire.



Vincent Dupas

Pour cette création, le Nantais Vincent Dupas soumet les accents folk des chansons de son premier album solo, Longue Distance, à une relecture collective originale et foisonnante, avec ses musiciens, des invités et la chorale des élèves du collège Pont-Rousseau de Rezé.

Pendant quinze ans, sous le nom de My Name Is Nobody ou avec ses projets Fordamage ou Serpentine, le chanteur et guitariste nantais Vincent Dupas a dessiné les contours d’une Amérique rêvée. Une cartographie personnelle et sensible qui relierait le Minnesota de Low, le New Jersey de Yo La Tengo et l’Oregon de Matt Ward. Ces paysages contrastés, Vincent Dupas les a toujours en tête sur son premier album, le superbe Longue Distance paru en 2019, mais quelque chose a changé : des orchestrations plus étoffées, un son plus longuement poli et une écriture qui se décline désormais en français, limpide et imagée. L’anglais est toujours là, comme une seconde langue maternelle, au fil de chansons éclectiques, suffisamment souples et solides pour être pliées à toutes les interprétations : en solo ou en groupe, acoustique ou électrique. C’est cette idée que Vincent Dupas décline avec Longue Distance In Extenso où, à la manière du David Byrne de Stop Making Sense, il monte sur scène seul avant que ses musiciens et invités ne le rejoignent, un par un au fil de chansons réinventées.