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cycle Voix du monde

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Opéra du Shandong

La troupe de l’Opéra du Shandong interprète Les Héroïnes de la famille Yang, l’une des pièces du répertoire de l’opéra de Pékin, forme de théâtre musical qui convoque chant, danses, scènes guerrières et acrobaties. Un spectacle fascinant et haut en couleurs, expression d’une culture riche et complexe.

L’opéra de Pékin est un genre de théâtre musical proche de notre art lyrique, qui remonte à la fin du 18e siècle. S’il a fleuri à la cour des empereurs du siècle suivant, l’opéra de Pékin est originaire d’une autre province, l’Anhui, et s’est développé plus tard dans toutes les grandes capitales régionales du pays. La troupe du Shandong a choisi l’une des quelques 1400 pièces qui constituent ce vaste répertoire : Les Héroïnes de la famille Yang. Une pièce résolument féministe, qui met en scène la veuve du général Yang et ses huit belles-filles, elles aussi veuves, sur qui repose le sort de la guerre menée par l’empereur contre les ennemis massés à la frontière. Sur cette trame se déroulent les épisodes propres à l’opéra chinois : conversations, couplets chantés, airs accompagnés par l’ensemble instrumental, danses, scènes guerrières, acrobaties, clowneries. L’essentiel repose sur le jeu de ces acteurs mais aussi sur leurs costumes, très ouvragés, sur les maquillages et les masques, attribués selon des codes complexes.



Roomful of Teeth

Inventer un chant choral du temps présent, c’est le pari de l’ensemble américain Roomful of Teeth et de la brillante compositrice Caroline Shaw, Prix Pulitzer de la musique en 2013 pour son Partita for 8 Voices, au programme de cette soirée en première française.

 Formé en 2009, Roomful of Teeth est l’un des ensembles les plus enthousiasmants de la scène contemporaine américaine, qui a entrepris d’associer un répertoire neuf à des techniques vocales issues de traditions du monde entier. Un vocabulaire d’une infinie richesse qui se déploie au fil de compositions commissionnées à certains des meilleurs compositeurs et compositrices de la jeune génération, à commencer par Caroline Shaw, membre de l’ensemble. Son fameux Partita for 8 Voices est une œuvre a cappella en quatre mouvements qui explore les soupirs, les murmures, les mélodies et effets vocaux sophistiqués ainsi que des sonorités inspirées du katajjaq, le chant de gorge inuit. Une pièce étonnante, belle et joyeuse, saluée par un Grammy Award et le prestigieux Pulitzer Prize for music. Elle est associée dans ce programme à une autre composition de Caroline Shaw et une pièce de Caleb Burhans, compositeur new-yorkais fondateur de l’ensemble Alarm Will Sound. Une soirée aux avant-postes d’une musique contemporaine ambitieuse et accessible.



Hira Gasy

La compagnie malgache Rasoalalao Kavia présente le hira gasy, ancienne tradition de théâtre musical originaire des plateaux centraux de l’île, forme d’expression populaire associant musique, chant, danse, art oratoire et mime.

Sur les hauts-plateaux qui dominent le centre de Madagascar se perpétue le hira gasy, littéralement “chant malgache”, une forme d’expression originale associant les instruments, le chant, la danse, le mime et un art oratoire très particulier, dénommé kabary. Le hira gasy est pratiqué par des familles d’artistes-paysans qui se produisent lors de rites, des fêtes et des foires, jusque dans les quartiers pauvres de la capitale Antananarivo. Chaque joute – car il s’agit aussi d’une forme de compétition – se compose d’un nombre bien précis de discours, de poèmes chantés, d’acrobaties guerrières, de polkas et de quadrilles, composant un spectacle influencé par l’Europe, dans la composition instrumentale de l’orchestre et les rythmes de danse notamment, mais réunissant des traditions bien antérieures à la colonisation. La compagnie Rasoalalao Kavia quitte pour la première fois son village d’Ampahimanga.



Waed Bouhassoun

Accompagnée de trois musiciens turcs, l’oudiste et chanteuse syrienne Waed Bouhassoun revisite le répertoire de son pays mais aussi celui de grandes figures féminines de l’histoire littéraire arabe, au fil d’un concert en forme de voyage au-delà des frontières.

Voix unique dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui, Waed Bouhassoun s’accompagne au luth pour chanter un répertoire de toute beauté. Celui, ancien ou moderne, de son pays, la Syrie, mais aussi celui des grandes figures féminines de l’histoire littéraire arabe : Rabi’a al Adawiyya, la “mère du bien” pour les soufis, chantre de l’amour sacré, et la princesse omeyyade de Cordoue Wallada, chantre de l’amour profane. Cette fois, Waed Bouhassoun s’entoure de trois magnifiques musiciens turcs pour un voyage poétique en arabe, mais aussi en langue bédouine, en turc et même en français avec une incursion chez Clément Marot. L’amour courtois est un continent sans frontières, et les sentiments intimes un paysage sans cesse animé de subtils changements de nuances, à l’image de la voix même de Waed Bouhassoun.