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Aquaserge & Jeanne Added

Établi en nonet pour ce spectacle mis en scène par Élise Simonet, le collectif français Aquaserge revisite à sa manière quelques pièces marquantes du répertoire contemporain et brouille les frontières entre rock et musique savante, en donnant sa propre définition de la notion d’interprétation. Avec la participation exceptionnelle de Jeanne Added.

Il y a la possibilité d’un concert de musique contemporaine lambda : un ensemble de pièces composées par des compositeurs et interprétées par des interprètes. Et puis il y a la possibilité d’un nouveau travail d’Aquaserge, quelque chose de différent, qui brouille non seulement les frontières entre les genres mais aussi entre la partition et sa restitution. Depuis sa formation il y a quinze ans, le collectif s’est improvisé une identité mouvante, entre groupe de rock et orchestre de jazz, au fil de huit albums rétifs aux étiquettes et de concerts en liberté. Ce spectacle est inspiré de l’histoire d’une pièce du compositeur américain Morton Feldman, dont l’unique manuscrit, glissé dans un étui de guitare, fut volé avec l’instrument. Jamais retrouvée, la partition fut reconstruite plus tard à partir de l’enregistrement d’un concert de l’époque. C’est cette tension entre écrit et oral qu’explore Aquaserge ici, en revisitant des œuvres de Ligeti, Feldman ou Varèse : emprunts, citations, interprétations ou réarrangements, pour jouer avec toute la gamme de ces possibles.



Ravissement

Avec Ravissement, pièce inspirée par l’enlèvement de la petite-fille d’un magnat de la presse en 1974, Vanessa Bonnet et la compagnie nantaise Last Lunch poursuivent un travail traversé par les questions de la violence, du désordre moral et de la révolution.

Sarah Foster, fille du PDG d’un influent groupe médiatique, est enlevée par une organisation révolutionnaire, composée uniquement de femmes et jusqu’alors inconnue : l’ALF. Cette Armée de Libération Féministe revendique l’abolition du capitalisme patriarcal. Malgré elle, Sarah endosse le rôle d’intermédiaire dans des négociations qui vont semer le désordre, avant de rejoindre la lutte et épouser la cause de l’ALF : tournant le dos à ses origines, elle devient l’opposante la plus embarrassante et la plus recherchée du pays. Ravissement, qui puise son inspiration dans l’enlèvement de Patricia Hearst, petite-fille de William Randolph Hearst, l’inventeur de la presse à sensation, multiplie les voix pour se déployer en une fable caustique sur les mécanismes de survivance du système capitaliste. Elle interroge le paradigme du renversement, qui dans son échec renouvelle ce qu’il pensait abattre.



Planète Félix

Les aventures drôles et poétiques du célèbre Félix le Chat mises en musique avec une inventivité débordante par la bassiste Suzy LeVoid et la flutiste Leah Gracie, qui mobilisent non seulement leurs instruments respectifs mais aussi leurs voix et des objets du quotidien. Des notes très colorées pour un héros en noir et blanc.

Né de l’imagination d’Otto Messmer et Pat Sullivan voilà un siècle, Félix le Chat fut alors aussi populaire que Charlie Chaplin et n’a pas pris une ride. Petits bijoux d’animation à l’humour surréaliste et à l’imagination sans limite, les cinq épisodes présentés lors de ce ciné-concert imaginé par la musicienne nantaise Suzy LeVoid promettent rires aux éclats et yeux écarquillés. Quant aux oreilles, elles seront charmées par une création musicale de haute voltige, conçue au plus près de l’image avec force trucs et astuces : une basse préparée, une flûte traversière et des objets du quotidien savamment détournés, comme une casserole, des couverts, un balai ou un jeu de cartes. Et puis il y a les voix de Leah Gracie et Suzy LeVoid, riches de parcours très différents, jazz pour la première, rock pour la deuxième, utilisées comme des instruments à part entière. Harmonies, respiration et chuchotement, des voix sans parole sur une musique entre pop et électroacoustique.



Macadam Ensemble & Aria Voce

Macadam Ensemble et le chœur de chambre Aria Voce associent leurs voix le temps d’un programme pensé comme une petite histoire de la musique, du Moyen-Âge à aujourd’hui, en suivant le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un voyage musical comme un pèlerinage historique.

 Santiago ou le chant des étoiles est un concert dédié au chemin de Saint-Jacques, invitant à prendre la route, empoigner le bâton et arborer la coquille d’un marcheur imaginaire. Nous sommes à la toute fin de la Renaissance et c’est accompagné des musiques de cette époque que notre marcheur, européen avant l’heure, se met en route. Témoignant à lui seul de la convergence des pèlerins partis d’Italie, de France, d’Angleterre, des Flandres ou d’Allemagne, il tracera sa route, accompagné du souvenir des musiques d’Allegri, Mouton, Tallis, Josquin ou Hassler. Il mettra son pas dans celui des anciens. La résonance des chants du Codex Calixtinus notés au 12e siècle, les chants du Livre Vermeil de Montserrat au 14e et la musique de Tomas Luis de Victoria au 16e lui parviendront comme autant de traces semblables à celles gravées dans le vieux rocher au bord du chemin. En conclusion, une pièce de Joby Talbot, musique d’aujourd’hui entre synthèse du passé et promesse d’un prochain voyage.